Au temps des dinosaures

Le Kauri, de son nom scientifique Agathis Australis, est un conifère faisant partie des arbres les plus anciens au monde. Ce dernier a vu le jour dans la période jurassique entre 190 et 135 millions d’années et on retrouve cette sorte uniquement sur l’île du Nord de la Nouvelle-Zélande. Avant le 19ème siècle, plus de 12 000 km² de forêt de Kauris peuplait la surface du Northland.

 

Certains de ces arbres toujours vivants sont gigantesques avec une taille atteignant parfois plus d’une cinquantaine de mètres de haut. Mais la particularité de l’Agathis Australis et ce qui le rend sans doute aussi impressionnant, est la dimension de son tronc. En effet, ce dernier peut dépasser les trois mètres de diamètre, non sans rappeler le diamètre des troncs des fameux séquoias.

 

 

800 ans

C’est l’âge auquel le Kauri arrive à maturité. Il lui faut donc près de 8 siècles pour atteindre sa taille maximale.

 

2000 ans

Le Kauri traverse les ères. On estime à environ 2000 ans l’âge des plus anciens arbres de Nouvelle-Zélande.

 

L’exploitation du bois et de la sève

La rectitude du tronc de ces arbres combinée à leur taille imposante, en font très vite un matériel de choix pour la construction de bateaux. Au 19ème siècle, l’arrivée des colons anglais sur l’île entraine un siècle entier de déforestation.

 

Les colons exploitent le bois et élèvent des bêtes sur les terres défrichées. En 1870, ils s’intéressent de près à la résine pour la fabrication de vernis d’ébénisterie et pour la production de la colle qui leur servait autrefois d’allume-feu. En effet, les forêts qui se sont déployées des millénaires durant ont versé des tonnes de résine dans le sol. Cette course à l’extraction de la gomme est appelée l’ère du « Gum digging ».

Un arbre protégé

 

Aujourd’hui, l’abattage du kauri est formellement interdit. Les arbres sont désormais protégés par le département de la conservation de Nouvelle-Zélande (DOC) qui a mis en place des programmes de conservation et de protection dans les parcs nationaux pour éradiquer les maladies susceptibles de détruire le kauri. 

Afin d’éviter que les marcheurs ne piétinent les racines, le DOC s’est employé à baliser ses sentiers et à installer des stations de désinfection des chaussures et du matériel de marche à chaque entrée de ses parcs.

La forêt de Waipoua, dans le Northland, est l’une des plus connues de la région.
En effet, cette dernière abrite de véritables titans tels que les populaires Tane Mahuta et Te Matua Ngahere.

Tane Mahuta

Veut dire « le Seigneur de la forêt » en maori. Il s’agit du plus grand kauri au monde.

  • Taille totale : 51,2 m
  • Hauteur du tronc : 17,68 m
  • Circonférence du tronc : 13,77 m
  • Volume du tronc : 244,5 m³
  • Âge : plus de 1200 ans
 

Te Matua Ngahere

Signifie « le père de la forêt » en maori. Il est l’un des arbres les plus vieux du monde.

  • Taille totale : 29,9 m
  • Hauteur du tronc : 10,41 m
  • Circonférence du tronc : 16.41 m
  • Volume du tronc : 208,1 m³
  • Âge : estimé à 2000 ans
 
 

Le saviez-vous?

Les arbres kauris les plus anciens font figure de divinité et sont sacrés pour les tribus maories. Ainsi, Tāne Mahuta, le seigneur de la forêt serait l’enfant de Papatuanuku, la Mère Terre, et de Ranginui, le Père Ciel. L’amour entre ces deux entités était si fort que l’univers étouffait dans leur étreinte. C’est donc Tane Mahuta, le fruit de leur passion, qui sépara la terre du ciel afin de faire jaillir la lumière et donc la vie. Cette légende est celle de la création pour les maoris.

Le Kauri extrait des marécages


Mais si le bois de kauri est aujourd’hui protégé, avec quoi fabrique-t-on nos tables?
La réponse est simple : avec des kauris enterrés depuis des millénaires dans les marais.
 

Etape 1

Extraction des Kauris

L’extraction des kauris est particulièrement compliquée en raison de la friabilité du sol et de la machinerie qu’elle nécessite (excavatrices, bulldozers, engins de levage).

Les sols sont aujourd’hui une incroyable mine d’un bois qui a conservé les mêmes caractéristiques que s’il venait d’être fraichement coupé.

 

Etape 2

Découpe et datation des troncs

Les dimensions exceptionnelles des troncs qui peuvent peser jusqu’à 300 tonnes, obligent les opérateurs à les découper en plusieurs parties pour assurer leur transport. 

Les laboratoires universitaires d’Auckland s’emploient ensuite à dater l’âge de ces arbres en utilisant la méthode du carbone 14.
Les nuances de couleurs que l’on dénote dans le bois sont les témoins des années passées (de 7 000 à 50 000 ans). 

 

Etape 3

Acheminement et coupe tangencielle

Une fois acheminés chez l’artisan, les troncs sont minutieusement découpés en planches grâce à un système de coupe tangentielle.
Leurs dimensions exceptionnelles permettent de créer des tables d'une seule pièce.

 

Etape 4

Mise en valeur

L’artisan se charge ensuite de mettre en valeur cette planche unique, trouvée dans les entrailles de la terre.